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The Big Quit, quand les talents prennent la porte

L’année 2021 a pour beaucoup été une année où la prise de conscience et l’évolution ont frappé de nombreux salariés et chefs d’entreprise. L’accélération de certains process, la transformation digitale ou et l’évolution des besoins de chacun ont provoqué un bouleversement dans le monde du travail dont un nouveau phénomène outre-Atlantique commence à pointer le bout de son nez : The Big Quit. Retour sur ce mouvement qui menace nos talents.

Le Big Quit : Qu’est-ce que c’est ?

Le Big Quit, également connu sous le nom de “ The Great Resignation”, est un mouvement massif de démission constaté et théorisé depuis le printemps 2021 aux États-Unis. Depuis le printemps dernier, on recense plus de 20 millions d’employés qui ont quitté leur travail, dont 4,3 millions sur le mois d’août. Un phénomène qui touche divers secteurs d’activité comme la grande distribution, l’hôtellerie ou encore la restauration, des secteurs dans lesquels les profils pénuriques sont de plus en plus présents, notamment en France.

Un mouvement qui inquiète de plus en plus les économistes du monde à s’interroger sur le futur de l’emploi mais qui pointe également le doigt sur un malaise avant tout social.

En effet, nous le savons et le voyons au quotidien, 2020 et ses événements ont remis en question beaucoup de choses, dont les aspirations de chacun et le modèle organisationnel des entreprises. Une accélération ayant contribué à la transformation numérique des entreprises tout en contribuant à la démocratisation du télétravail, voire, le passage au full remote et en développant un nouveau managérial, le teamisme.

L’après COVID-19 : l’heure de la prise de conscience 

Vous l’aurez compris, ce que nous avons traversé en 2020 marque un tournant historique notamment dans l’évolution du monde du travail. Aujourd’hui, les salariés et candidats n’ont plus les mêmes profils que ceux du passé, une grande partie des baby-boomers partent progressivement à la retraite, laissant place à la génération X, Y et Z qui ont une vision tout autre du travail

Objectifs professionnels, conditions de travail, épanouissement, les nouvelles générations ne placent plus la carrière professionnelle au centre de leurs priorités mais bien après leur confort comme l’avait déjà souligné Le Journal de l’Éco dans un article intitulé “Génération Baby-boom, X, Y et Z : une vision du travail qui s’oppose.”  

Déjà pointé du doigt en 2017, la crise sanitaire a eu pour conséquence plusieurs considérations sociales :

  • Le souhait du télétravail
  • La prise de conscience de l’importance du bien-être en entreprise
  • Une exaspération des jeunes générations sur le monde laissé par les Boomers.
  • Un glissement de vision d’un monde où le travail est une chance donnée VS une prestation de service proposée par un individu.

Et la génération la plus touchée par ce phénomène du Big Quit, est la génération Z qui déclare vouloir changer de poste dans l’année. Celle qui dans le sondage réalisé par Qapa et repris dans l’article du Journal de l’Éco, mettait en avant les personnes et les collègues dans leurs motivations premières, (30%), juste avant le salaire (28%).

Un besoin de changement et de renouvellement déjà ancré dans les esprits des salariés mais qui s’est finalement consolidé lors de cette pandémie.

Big Quit, l’Europe peut-elle être touchée ?

Aux États-Unis, plus de 11 millions de postes ne sont pas pourvus, un écart qui se creuse au fur et à mesure des démissions. Du côté de la France, notre taux de chômage actuel s’élève à 8%,malgré sa baisse, les entreprises sont de plus en plus touchées par une pénurie de main d’œuvre dans divers secteurs et nombreuses peinent aujourd’hui à attirer ces profils.

Plus de 2 723 290 projets de recrutement en cours d’après les résultats de Pôle Emploi dont 44,9% de difficultés pour recruter tous secteurs d’activité confondus. Plus de 400 000 emplois en Île-de-France à pourvoir malgré un nombre conséquent de demandeurs d’emploi en France. Pour le moment le Big Quit touche à minima notre pays avec environ 2,3% de démission en France, un faible taux comparé à nos voisins allemands (6%) et hollandais (4,7%).

Malgré une augmentation de démissions depuis le début d’année, nous sommes pour le moment loin de ce phénomène.

Bien que le phénomène ne prenne pas encore d’ampleur de notre côté, il est devenu primordial que les professionnels RH et dirigeants d’entreprise prennent en compte toutes ces évolutions et mutations sociales afin de redonner confiance aux talents, notamment auprès des jeunes diplômés, grands oubliés de la pandémie.

Néanmoins, les réseaux sociaux, vecteurs d’informations et d’échanges soulèvent un malaise social de plus en plus présent qui dénonce les conditions de travail de certaines entreprises comme Neurchi de flexibilisation du marché du travail sur Facebook ou encore à travers des tirades dénonçant divers abus sur LinkedIn (salaire, études, harcèlement, pression au travail). Du côté d’Instagram, les groupes comme Balance ta Startup ou Balance ton Agency donnent la parole aux salariés de façon anonyme pour dénoncer les coulisses des entreprises.

Ce qu’il faut retenir :

Le Big Quit peut être qualifié de “révolte”, les salariés épuisés par la pandémie cherchent aujourd’hui du concret et n’hésitent plus à mettre leur vie professionnelle entre parenthèses et n’hésitent pas à partir si les conditions de travail ne leur conviennent plus.

Du côté de la France, le Big Quit n’a pas encore traversé l’Atlantique, malgré une hausse de démissions depuis janvier 2021. La fonction RH va devoir, sur les mois, voire années à venir, jouer un rôle déterminant pour créer une passerelle entre dirigeants et salariés et équilibrer les besoins et attentes de chacun.

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